Sommes-nous dans un département rural ?
2014-10-20
Dans les 10 ans qui viennent, la vie des habitants de la Somme dépend de la réponse à cette question d’apparence anodine.
Sous l’impulsion du président de la république, le gouvernement a décidé de faire disparaitre les départements en 2020. Voilà qu’il tente de revenir sur cette position en prenant plusieurs hypothèses.

À l’origine, quelques élites parisiennes bien- pensantes imaginent une réforme de grande ampleur : regroupement des régions, disparition des départements, fusion des communautés de communes avant sans doute, la disparition des communes. pour faire passer la pilule, certains vont même jusqu’à chiffrer l’économie à plusieurs milliards d’euros sans, naturellement, apporter la moindre preuve de ce qu’ils avancent. il nous est impossible de les croire sur parole.

Il faut dire que supprimer les départements est une idée vieille de 30 ans, qui revient périodiquement dans les grands débats sur la réforme de notre pays.

Le gouvernement envisage donc de supprimer les départements là où il y a une métropole européenne, de les conserver dans les territoires ruraux comme la Creuse ou la Lozère, et d’inventer un nouveau système là où il y a des communautés de communes fortes. Et c’est là que se pose la question de savoir où classer notre département. Nous pensons tous que nous vivons dans un département à dominante rurale autour de notre capitale départementale et régionale. Mais ceux qui nous gouvernent ont-ils la même idée ?

Si nous étions classés parmi les départements ruraux, les actions sociales en direction des personnes âgées, des personnes souffrant de handicaps, des enfants maltraités, ou encore le soutien aux clubs sportifs et à nos 782 communes, pourraient demeurer des décisions prises localement.

À l’inverse, et nous pensons que ce n’est pas une bonne chose, ces actions comme les travaux sur les routes départementales ou dans les collèges, seraient décidés bien loin de chez nous. Où sera l’efficacité́ ? Où seront les économies ? Cela reste un mystère pour tous les spécialistes.

À moins que le gouvernement ne change une nouvelle fois d’avis.

En l’espace de 2 ans, le gouvernement aura mis à mal la relative stabilité́ dont bénéficiaient jusqu’à présent les conseils généraux. Qu’il en change le nom en conseils départementaux en 2015, soit ! Mais il a inventé des binômes de conseillers départementaux à la place d’un conseiller général, dont on n’imagine toujours pas comment ils vont pouvoir travailler. En outre, il a reporté les élections cantonales de mars 2014 à mars 2015 puis à décembre 2015 avant, nous venons de l’apprendre, de revenir à mars 2015.

Qu’il faille clarifier les compétences des collectivités pour que les habitants s’y retrouvent, nous y sommes favorables. Qu’il faille faire des économies dans notre pays surendetté, nous en avons pleinement conscience. Mais de là à faire renaître le syndrome de « paris et le désert français », nous nous y opposerons de toutes nos forces car il y va de l’intérêt des habitants qui vivent, travaillent et étudient dans notre département.

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Cette tribune a été initialement publiée dans les pages dédiées aux expression des groupes politiques du magazine du Conseil général, Vivre en Somme, au nom du groupe du Centre et indépendants



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