Rythmes scolaires : de plus en plus d’inquiétudes !
2013-11-05
Au cours des 4 réunions organisées dans la Somme par le Directeur académique des services de l’éducation nationale, l’inquiétude et parfois la grogne des élus locaux est manifeste. Manque de salles adaptées, manque de personnel compétent et disponible, manque d’associations locales, manque de moyens financiers, manque de concertation, manque de temps, voici quelques remarques que j’ai entendues ou que vous m’avez faites. Dans la Somme comme ailleurs en France, les inquiétudes persistent un an après la mise en œuvre de cette réforme.
Vincent Peillon, actuel ministre de l’Education nationale, se souvient-il qu’il a été député de la Somme ? Se souvient-il du Vimeu où il a été élu ? Se souvient-il des caractéristiques de notre territoire rural avec ses syndicats scolaires réunissant quelques petites communes ?

Quand je l’entends au Sénat nous dire que tout repose sur le « projet éducatif territorial », j’ai le sentiment qu’il ne connaît pas, qu’il ne connaît plus, la réalité de nos territoires.

Comment recruter un animateur pour ¾ d’heure par jour, y aura-t-il même des candidats pour ces postes, avec les diplômes requis et sans parler du temps de déplacement ?
Comment mobiliser les associations locales au bénéfice des enfants et encore, quand leurs activités correspondent à des activités périscolaires et que leurs membres bénévoles sont disponibles ?

Comment trouver une salle adaptée à toutes ces activités ?

Comment organiser tout ça tout en respectant les horaires des transports scolaires contraints par ceux des collèges ?

Au fil des questions que nous lui posons au Sénat, le ministre reste fidèle à sa ligne de conduite : l’aménagement des rythmes scolaires, c’est maintenant, partout, tout de suite et sans discussion !
Eh bien non, monsieur le ministre, les maires ne sont pas à votre botte, ne vous en déplaise !

D’un côté, la Cour des Comptes critique les communes et les communautés de communes pour avoir augmenté leurs effectifs en 2012, de l’autre le ministre de l’Education nationale leur demande de créer des emplois d’animateurs.

D’un côté, le Gouvernement baisse les dotations à toutes les collectivités, de l’autre ce même gouvernement leur demande de financer une très grande partie de l’aménagement des rythmes scolaires, même s’il apporte une aide ponctuelle et non renouvelable.

D’un côté, le ministre de l’Education nationale veut alléger la journée de classe, de l’autre la semaine des enfants est plus chargée. Qu’on ne s’étonne pas que certains enfants soient fatigués, que parents et enseignants s’en plaignent et que les maires soient désabusés malgré la bonne volonté de tous.

D’un côté, il y a les villes qui disposent de salles et d’animateurs toute l’année, de l’autre il y a les communes rurales qui n’ont ni l’un ni l’autre.

D’un côté, il y a quelques communes qui se sont lancées dans cette réforme à la dernière rentrée, de l’autre, il y a une majorité d’élus qui constatent la difficulté de la mettre en place et soumettre un projet dans les semaines qui viennent.

C’est la raison pour laquelle les sénateurs de mon groupe ont demandé et demandent encore, un délai supplémentaire d’un an pour permettre aux collectivités de préparer cette réforme dans les meilleures conditions, dans la sérénité, avec un temps de concertation nécessaire et suffisant et avec des financements pérennisés.

Nous allons participer activement à la mission commune d’information du Sénat, créée à l’initiative de l’opposition, le 9 octobre dernier, pour « évaluer la mise en place de la réforme, les difficultés rencontrées et le coût induit pour les communes ».

Naturellement, je serai très attentif aux débats qui ne manqueront pas d’avoir lieu le 21 novembre, lors du prochain congrès de l’Association des Maires de France.
Sachez que votre avis m’intéresse, que vous ayez réussi à mettre en œuvre cette réforme ou que vous éprouviez certaines difficultés.

N’hésitez pas à me contacter:

http://www.danieldubois.info/contact.php



Mentions légales